L'établi est bas, la vitrine reste ouverte sur la rue.
Depuis le trottoir, on voit l'établi, les formes en bois suspendues au-dessus, les brosses en crin posées à portée de main. Personne ne travaille derrière un comptoir fermé.
Le geste, pas le décor.
Rien n'est rangé pour la photo : c'est un fouillis qui a son ordre, pas un décor de vitrine. Quatre gestes reviennent sur chaque pièce, avant même de parler de ressemelage ou de patine.
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Ponçage
La semelle neuve est poncée avant d'être collée puis cousue, pour qu'elle épouse le tour de la précédente. La poussière de cuir reste en suspension quelques secondes dans la lumière du poste avant de retomber sur l'établi.
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Brossage
Une brosse en crin naturel retire la poussière et prépare le cuir avant la teinture. La même brosse, plus douce, fait briller la cire à la fin.
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Couture
Une machine pour les petits points de finition, une autre pour le montage cousu. Le fil poissé passe une seule fois : revenir dessus abîme un trou déjà percé.
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Poinçonnage
L'alêne perce le cuir avant l'aiguille, à la main, un point à la fois — une machine ne sent pas où le cuir est le plus épais.
Le déroulé d'une pièce, du dépôt au retrait.
Une pièce suit toujours le même chemin, qu'elle soit posée sur le comptoir ou sortie d'un carton.
- Dépôt
- En boutique ou par envoi postal. La pièce est décrite : ce qui est usé, ce qui inquiète.
- Diagnostic
- On regarde le montage — cousu ou collé — avant de dire quoi que ce soit. Certaines réparations ne se voient qu'une fois la semelle retirée.
- Devis écrit
- Le travail et son détail sont écrits avant qu'on touche à la pièce. Rien n'est entamé sans un accord.
- Atelier
- La pièce passe par l'établi : découd, ponce, coud, teinte, cire — ce que le devis prévoit, pas plus.
- Retrait
- En boutique ou par renvoi postal, dans le carton qui a servi au dépôt si la pièce est arrivée par la poste.
Ce qu'on porte pour travailler le cuir.
Un tablier de grosse toile bleue, pas pour l'allure : la colle et la teinture tachent, et un tissu épais protège mieux qu'un tissu fin. L'établi et le tabouret sont bas, pour tenir la pièce entre les genoux plutôt qu'à bout de bras.
Cuir tanné végétal — beige rosé, pas marron
La lumière du poste n'est pas toujours suffisante.
Un point de couture se fait au jugé, pas à l'œil parfait : c'est la main qui sent la tension du fil avant que l'œil ne voie le point suivant. Une pièce difficile se reprend le lendemain, sous une autre lumière, plutôt que d'être forcée le soir même.
Ce qui se répare, et ce qu'on refuse de reprendre, est détaillé sur la page Ce qui se répare. Pour poser une pièce sur le comptoir, direction Déposer une pièce.